Pourvu qu’il pleuve du café

J90-102 (1-13 juin), Gracias > La Esperanza > Tegucigalpa, 207 km, total 2 937 km

Ces derniers temps le ciel se charge de nuages pendant la matinée puis en début-milieu d’après-midi il pleut. L’avantage c’est que les nuages me cachent le soleil et la pluie rafraichie l’atmosphère. Comme dans le même temps j’ai traversé beaucoup de champs de café, j’ai choisi de donner à cet article le titre d’une chanson du chanteur Juan-Luis Guerra « Ojalá que llueva café » – Pourvu qu’il pleuve du café, à écouter ici. Après un arrêt de trois jours à Gracias chez une famille locale, je passe une succession de montées et descentes. Un joli arc-en-ciel se forme sur mon passage.DSC01449Une autre spécialité du Honduras, c’est l’atole chuco, une boisson  faite à base de pâte de maïs avec des haricots rouges au fond servie chaude, au prix de 6 lempiras (0,25€). On l’assaisonne à sa guise de graines de maïs pilées et de sauce piquante.

DSC01461Le jour suivant (entre temps j’ai redormi chez l’habitant) ça monte mais il y a très peu de circulation et  mon esprit peut divaguer dans le paysage.

DSC01457Afin d’éviter une averse, je m’abrite sous le auvent d’une maison en construction au bord de la route. Il tombe des cordes.

DSC01463J’arrive enfin à La Esperanza, ville la plus haute du Honduras située à 1 800 mètres d’altitude. Il y fait doux, en moyenne 17° sur l’année. Je parviens à me faire une place à la paroisse sur la place centrale. Ma chambre c’est la porte en bois.

DSC01472En sortant de la ville la route n’est pas goudronnée. Mon dos et mes bras encaissent les aspérités du sol sur une dizaine de kilomètres.

DSC01478S’en suit des montées et descentes crevantes avant que je ne me mette à table dans cette cafeteria, attenante à une maison.

DSC01486Je demande si je peux me reposer derrière mais il y a déjà des machines pour raffiner et moudre le café. Le propriétaire Homéro à la casquette me laisse finalement à disposition un lit dans une chambre, et me propose d’y passer la nuit, ce que j’accepte. Passionné d’archéologue, cette homme d’une cinquantaine d’années a été très accueillant. J’ai également appris beaucoup de choses sur l’économie et l’histoire du Honduras. Cerise sur le gâteau je suis reparti avec une livre de café d’excellence.

DSC01482 Logiquement le lendemain la route est bordée de champs de café tout du long, ça ressemble un peu à nos vignobles. Pour faire la clôture en plus des barbelés ils plantent des espèces de yuccas.

DSC01495Un autre style de plantation plus ombragée avec les bananiers. L’or vert.

DSC01498Je redescends des montagnes jusqu’à un village rénové grâce à des fonds étrangers. J’ai pu passer la nuit dans une salle communale après avoir demandé la permission auprès de la mairie.

DSC01505Soudainement (et sans aucune indication préalable) le goudron s’arrête de nouveau. En me renseignant j’apprends que c’est comme ça sur une cinquantaine de kilomètres, et que les transports publics y sont très irréguliers. Après le calvaire vécu sur la dernière piste, je ne m’y risque pas et reviens sur mes pas jusqu’à un croisement pour Tegucigalpa. Nœud de connexions quasi inévitable entre les principaux axes, la capitale se trouve 60 km plus loin et 1000 mètres plus haut. J’opte pour la facilité en prenant un minibus qui m’y conduit en 2 heures et 40 lempiras en attachant le vélo sur le toît.

DSC01510Tegucigalpa me voilà donc. Je contacte quelqu’un sur couchsurfing qui me répond rapidement et peut m’héberger le jour même. Je traverse la ville sans m’arrêter car la violence, les armes et les vols sont endémiques. La corruption bat tous les records, avec un gouvernement qui s’est récemment emparé des fonds de la sécurité sociale. Sous le pont qui relie la capitale à la « ville sœur » de Comayaguela des vaches sont rassemblées au milieu des corbeaux et déchets. Misère.

DSC01514Je suis hébergé dans un quartier appelé « la Leona » sûr, proche du centre et situé en hauteur.

DSC01517Nous passons par un quartier résidentiel privé pour descendre en ville.DSC01529L’appartement du centre où mon hôte donne des cours de violon nous sert de base pour nos excursions en ville. Voici la vue depuis sa fenêtre. Je me demande comment ils s’y retrouvent dans tous ces fils électriques.

DSC01521J’ai pu vendre des cartes postales dans la rue piétonne. Voila la nouvelle configuration de mon vélo avec un porte bagage avant de la même marque récupéré ici ! J’ai eu un gros coup de chance, un français l’avait laissé dans l’appart où je suis hébergé il y a un an, c’est tout ce qui lui restait après s’être fait dépouillé quand il campait sur la côte. Raphaël si tu me lis, merci ! Désormais je vais porter les sacoches à l’avant afin de mieux équilibrer le poids.

DSC01534Une des beautés de la ville c’est cette église du XVIIIe siècle construite par des indigènes et esclaves noirs, ornementée de nombreuses incrustations murales sur la façade. Ne pas les confondre avec les pigeons postés.DSC01546Toujours sur cette même place avec la bande de copains en train de manger des choco-banano – banane gelée enrobée de chocolat.

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11 réflexions sur “Pourvu qu’il pleuve du café

  1. Dis moi grelo, en dehors de vendeur de cartes postales à la sauvette, maintenant tu pourrais peut-être faire du transport de personnes sur ton nouveau porte-bagages dans les descentes ! ça te ferait bien quelques lampiras !!!
    bonne route et gros bisous

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  2. Je ne comprends pas l’espagnol mais quelque chose me dit que Reyna Ramirez il est comme moi, frustré de ne pas entendre Juan luiz Guerra et cherche désespérement le bouton play. Remboursez !!!

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  3. Attention à l’excès de café !
    Toujours de beaux commentaires pour de belle photos.
    Bravo.
    Gros bisous de toute la famille
    Evelyne

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  4. Ça y est, tu m’as donné l’envie de reprendre mon vélo. Quand je vais chez Leclerc, je prends mon vieux Raymond Poulidor pourri qui marche super bien, et on traverse la jungle albigeoise.L’aventure c’est pas si compliquée !
    Grosses bises collègue
    AL1

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