La Guajira, pointe nord du continent sud-américain

J202>212 (18-30/09), Santa Marta > Riohacha > Uribia > Valledupar , 565 km (5975 cumulés)

Après deux bonnes semaines passées entre Santa Marta, sa baie voisine de Taganga et le parc naturel Tayrona, l’appel de la route a repris le dessus. Revenu la veille au soir à Santa Marta où j’avais laissé mon vélo, j’ai enfourché ma bicyclette un lundi matin en direction de « La Guajira« . Bordée par les eaux chaudes de la mer des Caraïbes, cette péninsule située forme l’extrémité nord du continent sud-amércain. Aride et côtière, cette province de l’état colombien est peuplée majoritairement par l’ethnie indigène wayuu. Pour m’y rendre je dois d’abord longer la côte sur environ 150 kilomètres. Et ça commence  par une première côte de 400 mètres de dénivelé, la plus forte depuis mon entrée en Colombie mais rien par rapport à ce que je vais prendre plus tard dans les Andes.

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Je trouve un endroit agréable pour manger, sous un arbre au bord d’une rivière descendant de ce même massif montagneux. Puis je longe pendant un bon moment l’océan à pic sur ma gauche.

A l’approche de Palomino où je comptais passer la nuît, je rencontre une file ininterrompue de voitures et camions à l’arrêt. En me renseignant j’apprends que la route est bloquée pour protester contre la coupure d’électricité qui dure depuis deux jours en ville. J’arrive au devant de la scène et constate un barrage de fortune fait de pneus et occupé majoritairement par des jeunes levant la voix. Même les motos sont à l’arrêt. Je compte pas rester planter là des heures et me dis qu’il n’y a rien à perdre à tenter quelque chose. Je descends donc du vélo et parviens à me faufiler comme une anguille entre deux pneus l’air de rien, ça passe!

De l’autre côte de la ville où la file continue, je demande à un centre d’information touristique s’ils auraient un endroit où camper. Bingo la dame me propose le kiosque derrière. En discutant le soir elle me dit « tocar no es entrar » « toquer ce n’est pas entrer », cela pour dire qu’il n’y a rien à perdre à demander.

DSC02766Le lendemain j’arrive en fin d’après-midi dans une réserve de flamands roses autour d’une lagune. Le pneu indique la « communauté de la colline fraiche ».

J’ai trouvé un endroit abrité où camper en présence de quelques flamands rose au mur (à défaut de pas en avoir vu en vrai). Mais après avoir installer mon campement j’ai du payer un petit quelque chose au mec qui tenait un snack derrière pour être tranquille. DSC02790Plus j’avance vers le bout de la péninsule et la province de la Guajira, plus le climat devient sec et chaud. Pour me protéger du soleil, je porte mon t-shirt blanc à manches longues et des gants achetés récemment car les mains crament aussi. En prenant cette photo ma roue arrière a crevé sur une branche épineuse au sol ! La réparation s’est faite dans la bonne humeur et sous les gouttes de sueur en écoutant cette musique. Notez le panneau pour indiquer la présence de cyclistes, plutôt vttistes que cyclistes de route apparemment.

DSC02794Enfin j’arrive à Riohacha la capitale de la Guajira.  Le panneau de bienvenu est écrit en espagnol et dans la langue des wayuus, la plus grande ethnie indigène du pays peuplant la rgion. Pour en savoir plus sur leur culture je recommande cette article. Pour s’informer des dommages qu’ils subissent et de la situation sociale en Colombie je recommande celle-ci.

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J’ai bien mérité mon « chivo en coco« , délicieux plat de mouton à la noix de coco à 6000 pesos (1,8€). Les plats viennent toujours accompagner d’un « refresco » (désaltérant : agua panela, de l’eau diluée avec de la canne à sucre et des glaçons) et d’un petit citron à presser dans la soupe (déjà engloutie).

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Au centre culturel régional, Alexandra et sa fille Luna sont venues à ma rencontre après avoir vu mon vélo garée à l’entrée. Elle m’a hébergé chez elle la première nuît et confié la « maison » pour la deuxième. En effet ils partaient le lendemain matin à Bogota où le fils Cesar va recevoir un prix récompensant son travail social auprès des communautés indigènes de la Guajira.

DSC02809Je suis donc resté un jour de plus pour me reposer et retourner en ville. J’ai assisté à la vente du poisson en direct sur la plage.

DSC02825La statue représentant La Guajira, une vague emportant avec elle tous ses personnages célèbres.

DSC02834En route vers le nord, où il fait toujours plus chaud et sec. J’ai monté mon record personnel à 40° ! Petite pause dans une grande conduite sous la voie ferrée pour un peu de fraicheur et d’ombre.

Je me ravitaille dans une épicerie à l’entrée d’Uribia, dernière grande ville avant le désert et capitale indigène. Comme l’eau n’est pas potable au robinet, elle se vend dans des petits sachets plastiques de 350 ml, qui se retrouvent ensuite partout dans la nature.

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Ca c’est la caserne de pompiers qui m’a accueilli une nuît avec son commandant et fondateur à la casquette rouge au premier plan.

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Les voisins d’en face se sont fait une clôture naturelle avec des cactus verticaux !

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Cette route m’a donné une idée de ce qu’est l’infini ! Lorsque j’en ai eu marre de pédaler sous une chaleur torride, je suis monté dans une camionnette pour arriver jusqu’à cette embranchement. De là part l’embranchement jusqu’au Cabo de la vela, pointe du continent et lieu sacré indigène.

Dans ces paysages et par cette chaleur suffocante j’ai l’impression d’être en Afrique, en tout cas c’est l’idée que je m’en fais. J’ai croisé un petit village indigène où ils m’ont offert du thé et une soupe chaude en pleine après-midi !

DSC02878J’entrevoit au loin les collines du Cabo de la vela que l’on pourrait traduire par « le bout du cierge ».DSC02884Le lendemain matin lors de l’ascension du « pilin de azucar » j’ai rencontré un petit groupe de « rolos », nom donné aux habitants de Bogota (Julian, Adriana, Alejandro). Eux étaient arrivés en jogging depuis El Cabo, moi en moto. Nous avons ensuite passé la journée ensemble. La vue de là haut est splendide sur les plages les plus septentrionales d’Amérique du sud.

Vue de la plage sur ce même panorama.

DSC02905Le midi on s’est partagé à quatre ces deux belles langoustes à 30 000 pesos (8€) pièce avec l’accompagnement. Une autre plage de la zone où nous sommes allés au coucher du soleil.

Nous sommes ensuite montés au Faro del cerro, phare de la colline avec la lune sortant derrière. Puis vers 21 heures nous avons contemplé une éclipse alors que nous mangions dehors.

Après une deuxième nuit sur place, je suis revenu en camionnette jusqu’à Uribia pour ne pas prendre deux fois le même chemin.

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Deux choses abondantes et pas chères ici proche de la frontière avec le Venezuela, c’est la pastèque et l’essence. Subventionnée par le gouvernement, elle ne vaut quasiment rien là-bas (un plein de 40 litres = 0,01$). Un important traffic en tout genre s’est donc mis en place, et malgré la récente fermeture de la frontière, l’essence passe encore. Elle fait le pain quotidien de dizaines de vendeurs à la sauvette, qui remplacent les stations services officielles.

Un plein s’il vous plait monsieur.

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J’arrive donc à Maicao dernière ville avant la frontière vénézuelienne, célèbre pour sa mosquée, la deuxième plus grande du continent après celle de Buenos Aires  ! Eh oui la plus grande communauté musulmane du pays réside ici, principalement des descendants d’immigrés libanais, palestiniens, syriens et jordaniens. Changement radical d’ambiance lorsqu’on entend ici l’appel à la prière et aperçoit quelques filles voilées ! Sinon Maicao c’est la ville pour faire des achats comme toutes les marchandises sont importées du Vénézuela à bas prix.

DSC02931J’ai récupéré mon casque oublié dans une camionnette à Albania, ville située à côté de la plus grande mine de charbon du pays. D’où la tracto-pelle avec les deux gros blocs de charbon sur le rond-point, et mon casque suspendue en souvenir. Le conducteur m’a contacté par mon blog grâce à une carte postale que je lui ai laissé et m’a averti l’avoir laissé dans un bureau en ville.

DSC02944Je retrouve peu à peu la verdure au fur et à mesure que j’avance désormais vers le sud. J’aurais bien aimé rentrer au Venezuela mais la frontière est fermée. J’ai passé quelques barrages de l’armée dans cette région stratégique et un peu instable actuellement.

DSC02945A l’approche de Valledupar, je passe des champs de bovins avec la sierra nevada de santa marta en arrière plan.

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10 réflexions sur “La Guajira, pointe nord du continent sud-américain

  1. Bonjour Bruno,
    voilà un moment que je n’avais pas suivi ton parcours, mais c’est toujours un immense bonheur de te suivre. De magnifiques photos, un commentaire très intéressant et le plaisir de te savoir heureux sur ce trajet.
    A suivre donc. Bon courage
    Bises de toute la famille
    Evelyne

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  2. Coucou,
    Nous suivons avec plaisir ton périple.
    Tu nous fait rêver avec tes photos.
    Je te souhaite une belle traversée des Andes.
    Nous pensons fort à toi,
    Gros bisous

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  3. Oops – hit send early by mistake. Wanted to say: Well done! They robbed me at gun point near the entrance to Cabo de La Vela!! (two guys on a motorbike – cash only). Did you make it to Punta Gallinas?

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    • Hi Nicholas! shit..sorry for you. nothing similar happened to me. I haven’t been to Punta Gallinas, some people told me it was similar to Cabo de la Vela surroundings…so I stayed around two days and meet up with another group of colombian people and enjoy closest beaches. I’m now in San Gil, heading to Tunja. I think i’m gonna have to extend my visa, probably in Medellin.

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      • Awesome. I’m only in Ecuador so you may catch me eventually if you’re heading this way. I also extended my stay in Colombia. and used the entire 6 months! 🙂 I passed through San Gil, I have my route on my site that follows alternative routes south (after Bogota I need to update it) – Also contact Alonso from WS in San Gil if you haven’t already – great guy.

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