Je fais le plein de globules rouges en altitude

J312>319, 9-22 Janvier 2016, Riobamba > San Pedro Alaussi > Biblian > Cuenca, 311 km, total 9200 km

Je continue de faire le plein de globules rouges en roulant entre 2600 et 3400 mètres une semaine durant. Une petite route me fait passer par des superbes paysages de champs cultivés. A plusieurs reprises des gens se mettent à converser avec moi spontanément. C’est comme ça que j’ai appris quelques mots de Quechua la langue andine parlée dans les montagnes (oui = ari, non = mana, machikuna = amis). DSC04084Je me suis arrêté voir des cuyes (cochons d’inde) qui cuisaient chez des gens très modestes, avant d’être acheminés à Guayaquil pour être servis en restaurant là-bas !

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Pour le deuxième soir consécutif je m’arrête chez les pompiers à Guamote, chef de canton, qui m’ont confié la cuisine pour m’installer. Tellement pratique ces stations de pompiers en équateur ! merci infiniment bomberos !

C’est rare qu’on le dise mais ce tronçon de la route panaméricaine est très appréciable : dépeuplé, il y a peu de circulation et des beaux paysages. Je suis en même temps la ligne de train qui va vers le sud depuis Quito, avant de bifurquer à Sibambe en deux vers Guayaquil ou Cuenca.

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Me voici arrivé à ma prochaine étape San Pedro Alausi qui est le point de départ pour prendre un train pas comme les autres et voir la nariz del diablo. En effet la ligne de chemin de fer que je suivais jusque là descend dans la vallée en contrebas à flanc de montagne. Juste avant l’entrée dans la prochaine gare de Sibambe, elle fait un Z afin de descendre le flanc très abrupte d’une montagne ayant la forme d’un nez humain. Le nom de « nez du diable » lui a ainsi été donné en raison des très nombreux accidents ayant survenu lors de la construction de ce Z.

DSC04110N’ayant pas de contact à Alaussi je me mets à la recherche d’une chambre à louer moins cher qu’un hôtel à 10$. De cette manière je visite la ville, on m’envoie chez les uns et les autres, et je découvre ainsi le fameux train arrivant en gare.

Finalement on m’a recommandé un camping chez l’habitant à 5$ la nuit en contrebas de la ville. Les trois derniers jours furent assez éprouvants et je compte m’y reposer 2 jours. Le propriétaire m’a mis à disposition son garage (la porte entre-ouverte) pour installer ma tente à l’abri. A côté se trouve une terrasse cosy, la cuisine et la salle de bain. J’y ai rencontré quelques voyageurs européens plus âgés vadrouillant en van ou en camion équipé. En effet ce camping est répertorié sur ioverlander.com, un site web qui répertorie les endroits où passer la nuit avec son camtard (caravane, camionette..).

DSC04119Le premier jour j’ai fait un petit tour en ville.

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Tôt le matin je me suis mis en marche pour la nariz del diablo. La veille le gérant cool du camping m’a expliqué comment m’y rendre à pied. Il faut pour cela suivre un petit chemin à flanc de montagne assez bucolique. Ici sont indiqués les horaires de passage de train au cas où !

Voici un bout du sentier encore qui passe au milieu de champs cultivés. J’ai croisé cette paysanne un peu plus loin.

Après deux heures de marches j’y suis arrivé. Voici donc la « nariz del diablo » vu d’en face, nom donné à la montagne que le train prend en faisant un grand Z. A l’époque au tournant du XXe siècle c’était une prouesse technologique qui a coûté la vie à 2500 ouvriers sur 2 ans ! Beaucoup venaient de colonies anglaises des Antilles (Jamaïque, Porto Rico, Barbades), d’autres condamnés pouvaient retrouver leur liberté s’ils survivaient, et enfin des indigènes locaux étaient rétribués mais plus ou moins contraints. Les conditions de travail étaient terribles dans ce relief avec des glissements de terrain, des accidents avec la dynamite, et des maladies tropicales remontants la vallée depuis Guayaquil…

DSC04151Située à une altitude de 1800 mètres entre la côte et la sierra, la station de Sibambe est au carrefour des lignes Quito (la capitale) – Guayaquil (principal port sur la côte Pacifique) et Cuenca (tronçon fermé). Jusqu’à la fermeture de ces lignes aux passagers au début des années 90, Sibamba et Alaussi (la station plus haut d’où je suis venu à pied) étaient des importants nœuds commerciaux où s’échangeaient des produits venant de la côte, de la capitale et de la haute montagne. Il y a un intéressant musée au dessus de la station qui explique tout ça. Après avoir parler au machiniste j’ai pu monter gratuit pour faire le retour. Sinon l’aller-retour Alaussi – Sibambe m’aurait coûté 30$.

 Sur le tronçon Alausi – Cañar, je ne pouvais apprécier les paysages sur les vallées de droite à cause du brouillard.  Je me suis également pris plusieurs averses, dont une mémorable à la fin d’une journée avant d’arriver dans un village (Joyagshi) à 3000 mètres d’altitude tout grelottant de froid. Heureusement j’ai trouvé une paroisse où dormir. Pour reprendre des forces le lendemain matin vers 10 heures je me suis pris une « fritada » à 2,5$ composée de morceaux de porc et bananes frits avec différentes sortes de grains de maïs et des patates.

J’ai tenté ma chance chez les pompiers d’El Tambo et cela a marché! A droite la salle principale où il m’ont permis de m’installer sur un bon matelas.

Cette caserne m’a servi de base où laisser mes affaires pour aller visiter le site inca majeur d’Equateur appelé « Ingapirca » ou « le mur inca » dans leur langue originel. Edifié sur le site d’une autre ethnie vaincue (les cañaris), c’est le seul temple du soleil de forme elliptique de tout le Tawantinsuyu. A son apogée au XVe siècle l’empire Inca s’étendait de Santiago du Chili à Quito avec pour capitale Cuzco. Lors du solstice d’été le 21 juin (« inti raymi » la fête du soleil) le soleil rentre pile poil par la porte du temple du soleil et le creux prévu à cet effet. Pour info désormais pour visiter il y a un parcours fléché qu’il faut respecter sinon un garde vous interpelle.

DSC04190Autour du temple on été également excavé tout un tas d’habitations…

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Vue de l’autre côté avec le village derrière.

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Voici la croix du sud (Chacana, Crux del Sur) constituant la synthèse de la cosmovision andine et du déroulement de l’année en 4 saisons.

DSC04207Après le déjeuner je repars et le soir encore une station de pompier m’a hébergé à Biblian. J’ai même eu droit à une chambre pour moi !

DSC04218Juste avant d’entrer à Cuenca je me suis pris un « encebollado« , avant qu’une famille vienne s’assoir à ma table. C’est une soupe de poissons avec tomates, ognions, patates, des grains de maïs, et des citrons verts à presser à volonté !

DSC04219Avant  d’attaquer ce tronçon montagneux j’ai passé une agréable semaine à Cuenca chez Ciclo Rutas, une association de promotion du vélo que j’avais contacté avant de venir. Jorge que l’on aperçoit au premier plan est le gérant de cette vélo-école pour enfants qui fait également boutique de vtt. En effet âgé de 24 ans et récemment devenu papa, Jorge un grand compétiteur et champion de « Downhill » (parcours de cross en montagne chronométré) depuis son plus jeune âge. Fort de sa renommée il a ouvert le magasin il y a 3 ans et propose donc des cours de vélo à des enfants en bas âge dans le jardin et en déplacement dans les écoles. Il dort la plupart du temps dans la maison qui dispose de plusieurs pièces dont une, celle derrière la pancarte de gauche, qu’il m’a laissé gratuitement pour la semaine.

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J’ai bien sympathisé avec les deux autres habitants de cette maison : Miguel alias Kangil (20 ans) le mécano de l’atelier. J’ai appris pas mal de choses à ses côtés et on a également révisé de fond en comble mon vélo qui n’a désormais plus de secrets. A gauche me voici avec Shifter le jeune chien husky de Jorge qui est très joueur !Ses yeux de couleur différentes peuvent faire flipper lorsqu’on ne le connait pas mais il est très attachant. Sinon que dire de mon installation, deux tapis de sol sur un matelas gonflable dégonflé on s’y fait, tout comme à la douche froide chaque matin !

Au cours de cette semaine j’ai pris mon temps pour visiter le centre ville de Cuenca. Voici une compilation de quelques beaux bâtiments de la ville.

Il y avait souvent un groupe de pots qui venait à l’atelier dont Daniel qui m’a emmené voir la première station hydro-électrique de la ville aux marches très pentues !

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2 réflexions sur “Je fais le plein de globules rouges en altitude

  1. Salut Bruno, On te suis à la trace et cela me rappelle les séjours au Pérou et au Brésil et de voir combien, vu du Tarn ce coin un peu paumé du monde, Flora et Moi aimons l’Amérique du sud, le Brésil surtout, Pays continent magnifique où les ciels sont immenses et inoubliables. Bèjos Flora et George

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